Balade pyrénéenne

Par Inès Labat

Prendre place
2 min ⋅ 04/01/2026

C’était un village des Pyrénées comme un autre, avec un cours d’eau et des toits en ardoise. On avait décidé de prendre la voiture. Pour voir. Balader. On s’arrêterait près des sentiers qui nous donneraient envie de les fouler. Dans les vallées éloignées, la neige est immaculée. Des poteaux de remontées mécaniques étaient encore là, tandis que les pistes n’existaient plus. Il n’y avait personne hors des maisons. Pas certaine qu’il n’y en ait eu, même à l’intérieur. La journée, le vide effraye moins. On a donc posé la voiture là. On a pris le chemin qui longe le cours d’eau et puis on est revenus par l’enclos de chèvres. Elles, au moins, occupaient les lieux.

On parle toujours plus quand on marche alors j’ai raconté un peu. Je n’étais pas chez moi et je ne savais plus vraiment où j’en étais. J’avais seulement à sortir des choses de mon cœur pour les observer avec un ami. On a passé une semaine à ça en somme. On a baladé à flanc de montagnes sans trop bien savoir où on allait et on a essayé d’observer nos vies avec plus de justesse et de profondeur. Il semble que des mots soient restés accrochés à des rivières, à des maisons ou à des tas de neige bientôt fondus.

Ce jour-là, c’est la neige qu’on cherchait. Moi ce dont j’avais envie, c’était de me laisser tomber dans une neige immaculée. Me relâcher. M’enfoncer. C’était froid, c’était drôle. Et pour une fois je ne pensais à rien. Les journées étaient longues et on n’avait rien d’autre à faire que manger, marcher, parler. Alors pourquoi pas ? On s’est arrêtés là, le cul et la tête dans la neige, et on a regardé le ciel. On avait du temps devant nous.

Prendre place

Par Pierre Chatut, Inès Labat et Rémi Roig