Par Inès Labat
Il y a une sorte de magie qui s’installe le dimanche quand on accepte de ne rien faire. Il suffit de tout remettre au lendemain. On s’achète du temps à gaspiller. S’installent alors des heures où on peut dormir sans s’en rendre compte. On se remet au lit comme on plongerait dans une baignoire de billets, croulant sous le luxe de n’avoir rien à faire de ces heures après lesquelles on courra dès demain. La journée défile et on a le temps de l’observer. Si on accepte de ne pas avoir de distraction, on pourra même se dire que c’est long, que le présent ne représente finalement rien. Et c’est là qu’il est à son meilleur.
Seuls les amis peuvent interrompre ce calme. Un message et on s’agite. La vibration du téléphone renvoie à l’urgence. Il est 19 h, il est temps de s’habiller. On va se faire voler quelques heures avant le petit matin. Lundi n’arrivera pas avant la sonnerie du réveil alors on en profite. On regarde les autres comme des minutes dont on s’enivre. La tête tourne tandis que le corps se balance. Il y a comme un peu de magie le dimanche.