Par Pierre CHATUT
Le chocolat a fondu au soleil, mais resté dans son emballage de carton, il s’est re-solidifié, et a changé de forme.
Quelques coulées ont scellé l’ouverture de la plaquette, mais elles ne résistent pas bien longtemps, se défont et éclatent en petites pépites quand je détache les pans de carton.
Le magma brun s’est répandu aussi sur l’aluminium. Il a gardé un semblant de forme rectangulaire mais c'est maintenant lui qui en recouvre les feuillets argentés. Il l’emprisonne dans sa concrétion de cacao et c'est un petit trésor qui se découvre au fil des morceaux que je brise entre mes doigts.
Dans les bouts prélevés, je décortique les couches pour extraire ces vestiges. Moins prestigieux que le ticket d’or, mais aussi difficile à trouver. Je pourrais provoquer une nouvelle fonte artificielle, laisser le chocolat sous la langue jusqu'à ce que le papier s’en dégage, mais je préfère me salir les mains.
Elles prennent la couleur de ce que je creuse. J’ai de l’or noir sous les ongles.
C'est insignifiant comme plaisir pour une journée, une confiserie grignotée au fond d’un bus. Mais celui-là avait le parfum des grandes redécouvertes.