Par Inès Labat
Des oreilles poilues dépassent des tuiles du toit ; et je m’endors sur un transat. La chaleur se condense au creux de mes genoux, stagne sur mes cheveux et ralenti ma respiration. Mes yeux sont clos par intermittence et les feuilles bougent, tombent. Les insectes volent et les prunes tanguent. Il y a de la vie. Délicate, discrète. Il faut lui accorder l’œil et l’oreille. De la patience à laquelle l’ajout de somnolence est permis. Une chienne cours et revient – inlassablement – avec une pierre, un bâton. Puis la faim mène au marché. Le pot de fromage frais, le saucisson aux cèpes et les tomates juteuses. Une longue marche à travers bois, sentiers agricoles et routes nous y conduit. Les ânes et les chevaux sur notre chemin viennent à notre rencontre. On se dit bonjour, on sourit. À la maison, les tables se font et se défont au bruit des verres et autres faïences qui se remplissent et se lavent. La nourriture s’engloutit, les boissons se partagent. Saladiers et couteaux passent de main en main. On essuie le jus à la tombée du jour ; et on recommence.