Par Inès Labat
Je suis à l’âge où je peux à nouveau demander.
J’ai passé des années entières, à l’approche de Noël, à découper ce qui me faisait envie dans des magazines de magasins de jouets. Tout ce que ce que j’ai voulu, je l’ai demandé. Au Père Noël, à mes parents, à mes profs. À l’adulte référent, celui en charge de me donner. Des cadeaux, à manger, une éducation.
Quand on a l’âge d’être un ou une adulte, on nous donne la possibilité de ne plus demander. Pour manger, sortir, avoir. Et ça devient une question de fierté, une preuve d’accomplissement, une victoire. Alors on vit comme si on savait tout. On a l’impression que ne plus demander est une preuve d’indépendance. Que c’est comme ça que vivent les adultes. Que c’est comme ça qu’on devrait vivre si on veut être adulte. Il y a quelque chose à se prouver tant la sensation d’en être un ou une tarde.
Aujourd’hui je demande à mon amoureux, à ma médecin ou à ma patronne. À ceux que j’aime, que j’estime ou dont j’attends quelque chose. Je peux à nouveau demander un conseil, de l’aide ou encore ce que j’estime mériter car la fierté s’est mise de côté avec le temps. J’ai compris que j’avais toujours cet outil merveilleux que je me suis entraînée à utiliser tout le début de ma vie.
Alors je ne crois plus au Père Noël et maintenant c’est mes amis qui sont profs. Mais je peux toujours espérer un beau réveillon en famille et demander conseil ; car continuer à demander c’est continuer à apprendre.