C’est parce qu’il y a trop de pain chez moi que j’ai pleuré. Je les ai vus étendus sur ma table. Six baguettes, deux pains de campagne, deux pains aux graines, un pain au maïs, une brioche, un pain pita, des viennoiseries. On est deux et on en a plein les bras. On a tout posé et j’en ai pleuré tellement j’ai ri, tellement c’était trop.
Les paniers anti-gaspi ont ça de merveilleux qu’on paie pour une surprise. J’ai une amie qui en prend souvent. Et autant on peut avoir de mauvaises surprises, autant en boulangerie on ne prend pas de risque. La promesse est belle. J’ai du pain. C’est ce que m’a dit la vendeuse quand je lui ai présenté l’application sur mon téléphone. J’ai répondu oui. Ça semblait évident. Puis elle est partie dans la réserve au fond du couloir et je l’ai vue remplir de grands sacs en papier brun, probablement aussi longs que mes bras. Tandis qu’elle garnissait un à un ses sacs, j’ai senti ma jauge monter. Tout ce pain sera rassis demain. C’était ça le constat. J’allais bientôt déborder.
