Je marche. Je vais cueillir un peu de présent. Je me dirige vers ce qui n’existera qu’aujourd’hui. Je capture ce moment sachant qu’il ne reviendra pas et qu’il compte plus que les autres. Il faut que je le vive mieux, avec la conscience qu’il est là. La chance de pouvoir le saisir un quart de seconde. Ce quart de seconde que je vais ramener chez moi. Qui habitera ici de nombreuses nuits et restera sur l’oreiller.
Remettre de la vie dans ma vie. C’est ce qu’il me reste à faire en attendant. En attendant que les premiers mois de l’année se diluent dans une substance indolore. Je lime mes ongles qui poussent plus vite que les regrets ne s’en vont ; et je mets mes chaussures. J’y vais. Mes larmes ont emporté ma peur avec elles. Je dois oser si je veux poursuivre le chemin. Je fonce alors tête baissée pour oublier qu’il faut du courage et surtout je ne demande pas après Demain. Celui-ci n’est pas encore revenu. Il prend son temps je crois. Il me fera signe. Pour l’instant, quand les souvenirs me laissent un peu de répit, j’en profite pour choisir. Le présent a ça de magique qu’il me laisse prendre toute la place que je veux. Il m’autorise et j’en prends soin.
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