Voici la fin.
L’éternelle fin.
Devant nous, le gouffre immense.
C’est la fin.
Elle ne cesse de durer. Inlassablement. Elle se termine,
Inlassablement.
Surine dans nos têtes :
“C’est la fin.”
C’est fini. Il n’y a plus rien à faire. Rien. C’est la fin. Encore et toujours. Elle dure, perdure, c’est la fin. Ç’a été dit : c’est fini. Alors voilà, c’est fini. C’est donc ça ? Sans discontinuer, tous les jours. Tous les jours. Les uns après les autres, la longue fin qui ne finit pas de se dérouler au revers de nos yeux. Qui ne cesse jamais. Jamais. On n’y croit pas. Quelle fin ? Comment y croire ? Ça dure, perdure, ça frappe, ça se stocke. C’est immuable. C’est la fin. L’éternelle fin. Encore. Et c’est long. Interminable. Ça n’arrête pas. Jour après jour. On y pense. Encore. On y croit pas. On ne veut pas y croire. Pourtant, c’est fini.
C’est fini ?
Faut croire que c’est fini.
Ç’a été dit : c’est fini. Alors, c’est que ça doit être fini. Mais on y croit pas. Ça dure, encore ; trop, beaucoup trop. Et la peine, et les remords, et les « j’aurais dû ». C’est donc ça ; la fin ? Ce gouffre, ce vide immense. Inlassable. Comme une mer qui cogne, qui s’écrase, qui recopie cent fois le mot « fin ».
C’est donc ça, la fin ? C’est éternel. Immuable. On y croit pas. Jamais. On ne veut pas. Et pourtant, c’est ça ; c’est la fin,
Qui continue, inlassablement…
Ça ne cesse de mourir,
C’est la fin…
L’interminable fin,…
L’éternelle…
